Autant évacuer la chose d’entrée, je ne suis franchement pas fan des nouvelles affiches des Rencontres d’Arles. Si elles sont renversantes, elles ne donnent pas, heureusement, le ton de la programmation 🙂

Affiche Arles 2016Cette année, il faudra s’acheter de bonnes baskets, voire louer une voiture : des lieux d’expos plus nombreux, sur Arles, mais aussi à la Collection Lambert en Avignon, à Nîmes et Marseille. Une volonté affichée également : l’ouverture sur l’état du monde avec un fort ancrage local avec des lieux à (re)découvrir. Parce qu’aller aux Rencontres en Arles, c’est bien sûr faire des découvertes photographiques mais aussi visiter et découvrir des lieux chargés d’histoires, aussi divers et étonnants que des églises, un magnifique Palais de l’Archevêché ou encore des bâtiments industriels. Une vraie visite du patrimoine de la ville.

Ce qui ressort années après années de ces Rencontres, ce sont les oppositions entre les tendances actuelles et à venir de la photographie et ceux qui ont déjà fait l’Histoire de cet art. On s’extasie devant certaines expos, on s’étonne de certaines programmations qu’on va trouver insipides, parfois on se dit même que nous photographes amateurs, on aurait pu finalement être sélectionnés. Mais jamais une exposition va nous laisser indifférent. Et ça, c’est une vraie force.

Ma sélection (forcément) subjective de cette année ? Trois séries retiennent mon attention dans la présentation presse effectuée il y a quelques jours. La première aura pour sujet la photographie de rue, avec le ping-pong annoncé entre anciens (Sid Grossmann, Peter Mitchell, Garry Winogrand) et modernes (Eamon Doyle, Christian Marclay et Ethan Levitas).

La seconde nous entraînera dans une plongée plus historique. Sans concurrencer le festival de photojournalisme « Visa pour l’Image » de Perpignan, Arles nous fera explorer les périodes et pays : des dictatures d’Amérique du Sud des années 70 au voyage de la statue de la Liberté de Paris à New York, en passant par la construction-déconstruction du Grand palais de Marseille en 1906, déplacé ensuite en Arles.

Enfin, le dernier thème, toujours à connotation historique, s’intitule « Après la guerre », et à travers les photos de Yann Morvan, Alexandre Guirkinger ou du mythique Don McCullin s’interrogera – nous interrogera – sur les conséquences des conflits, de la ligne Maginot au 11 septembre 2001. Comme le dit Sam Stourdzé, directeur des Rencontres, le festival se doit de faire réfléchir au monde qui nous entoure à travers ses artistes.
Vaste, et passionnant, programme.

Vivement juillet 🙂

Pour en savoir plus Les Rencontres Photographiques d’Arles, déjà 47ème édition !, du 4 juillet au 25 septembre