A l’occasion de ses traditionnels voeux, Jean-Yves Chemin, président de la Fédération du bâtiment et des travaux publics de Vaucluse a choisi de donner la parole à ses vice-présidents. En préambule, il a cependant rappelé sa volonté de développer la fédération vauclusienne pour atteindre les 700 adhérents d’ici 2020 (contre 400 aujourd’hui).

Il faut dire qu’après plusieurs années noires, le secteur semble afficher un léger rebond. Le bâtiment en Vaucluse constate une augmentation des logements (+6,1%) et locaux (+38,7%) mis en chantier. Il enregistre un recul des demandeurs d’emploi dans le secteur (-9,5%) et une légère hausse des embauches (+2,5%). Le recours au personnel intérimaire est en hausse de 17,4%.

« L’activité Bâtiment dans le Vaucluse continue à donner des signes de reprise », se réjouit Jean-Yves Chemin. Côté travaux publics, sur les 12 derniers mois, la profession compte davantage de lots métiers que l’année dernière (+7% et 0% en valeur). « Cela laisse à penser que les carnets de commandes (pour la maîtrise d’ouvrage publique) des entreprises sont, à ce jour, légèrement mieux garnis, poursuit le président du BTP 84. Cela devrait impacter l’activité positivement dans les 6 à 9 mois. »

A ce jour, l’ensemble du secteur compte 7 504 entreprises du BTP, dont 2 019 emploient un salarié ou plus dans le département. Des emplois qui représentent près de 12 000 salariés (+0,72% sur 12 mois). « Les équilibres sont toutefois fragiles et nous ressentirons dès 2019 une baisse d’activité dans le secteur du logement en raison des mesures d’économies prises tant dans le domaine de l’accession privée que pour le social, s’inquiète Jean-Yves Chemin. C’est pourquoi nous attendons avec impatience le lancement des programmes de rénovation urbaine à Avignon, Carpentras, Cavaillon et Orange. »

« Les infrastructures sont également vitales pour notre territoire, insiste Francis Larrieu, vice-président et président de la branche travaux publics de la Fédération BTP 84. Elles sont indispensables pour faciliter l’accès à l’emploi. » Dans un pays où 1 sur 4 a déjà refusé un emploi ou une formation faute d’une solution de transport, où le budget transport d’un habitant en milieu rural est 20% plus élevé qu’un citadin, où 52% des Français estiment que l’état des routes s’est dégradé depuis 5 ans, l’enjeu de la création et de l’entretien des infrastructures devient primordial aux yeux des professionnels du BTP de Vaucluse.

« Il faut simplifier l’instruction des dossiers et rationaliser les voies de recours afin de ne pas bloquer ces derniers, poursuit Francis Larrieu. Il y a ainsi des réalisations très attendues par les entreprises de travaux publics de Vaucluse mais aussi les usagers : la Leo, l’extension de la ligne de tramway, la déviation d’Orange, le carrefour de Bompas… Tant de projets indispensables à notre développement. »

La question du juste prix est également au centre des préoccupations de la Fédération. « Le fléau des offres anormalement basses sévit toujours, dénonce Jean-Max Diaz, vice-président et président de la branche gros-oeuvre. Nos entreprises ont besoin de retrouver des niveaux de prix de marchés décents et une marge permettant de créer de l’emploi. »

« Cette concurrence déloyale entraîne bien souvent du travail dissimulé », regrette Jean-Yves Chemin qui se félicite de la décision du préfet de Vaucluse de stopper plusieurs chantiers dans le cadre de la lutte contre le travail illégal. « Cela n’est pas sans conséquences, poursuit le président de la Fédération 84. Dans l’Hérault, cinq chantiers ont été arrêtés. Cela représentait plus de 100 emplois perdus ! »

Autre inquiétude du BTP vauclusien : la formation et l’apprentissage. « Sur le plan de la formation, 1 332 jeunes ont été formés aux métiers du BTP dans le département, constate Jean-Yves Chemin. Nous observons un recul de 19,76% du nombre de jeunes en formation par comparaison avec les chiffres de l’an passé. » Le secteur a pourtant besoin de près de 500 nouveaux salariés chaque année dans le département. « Nos jeunes apprentis ont urgemment besoin d’un lieu de formation moderne, qui soit également une vitrine attractive de nos métiers », réclame Diego Boluda, vice-président et président de la branche second-oeuvre, qui milite pour l’aménagement de nouveau locaux pour le Centre de formation des apprentis BTP Florentin-Mouret d’Avignon.

un article de notre partenaire L’Echo du MardiSur abonnement