Envie d’Entreprendre, Saison 4, épisode 4.

L’EDITO

En 1995, une étude menée par la Chambre de commerce et d’industrie avait démontré que Carpentras était la première ville commerçante du Vaucluse, devant Avignon. Il faut croire que l’histoire est un perpétuel recommencement, car si le déclin d’Avignon se confirme jour après jour, le redémarrage sur les chapeaux de roue du commerce de centre-ville à Carpentras est désormais un fait établi.
Le succès de la rue Porte de Monteux, avec l’ouverture déjà actée de 4 nouvelle boutiques, alors que 3 autres doivent les rejoindre ; le succès de la rénovation de la place de la mairie, ou 4 nouvelles boutiques se taillent la part du lion, et offrent enfin des services à la clientèle jusqu’à 23h : tout cela démontre la reprise de l’activité commerciale dans cette ville que l’on croyait endormie.
Carpentras se réveille, mais surtout, Carpentras se modernise. Les magasins qui ouvrent et qui marchent sont des concepts-store, ces boutiques mutantes jouant la carte du multicanal. Des commerçants à la sauce 3.0, des commerçants formés, dynamiques, et surtout très professionnels, loin de l’image surannée et passéiste de la bourgeoise ou du bourgeois qui tient un commerce pour s’occuper et ne pas trop s’ennuyer, plus soucieux de juger ses clients que de les servir.

Cette attractivité de Carpentras est le fruit du travail d’animation du centre-ville mené par Francis Adolphe et ses équipes, Marc Begouaussel en tête. En faisant du centre de Carpentras la destination incontournable de la période des fêtes, les Noëls Insolites ont repositionné la ville à sa place : au centre du Vaucluse. Mais c’est, surtout et avant tout, le fruit du travail de commerçants audacieux et travailleurs, comme Bruno Doisy ou François Drapier, qui ont su inventer de nouveaux concepts pour attirer le chaland.

« Loués soient ceux qui évoluent pour mieux ainsi rester eux-même », disait Berthold Brecht. Qui aurait cru que cette phrase puisse également s’adresser aux commerçants de centre-ville ?

Pierre Nicolas

LES SOLDES, POUR QUOI FAIRE?

Les soldes auraient été inventées au milieu du 19e siécle, par Simon Mannoury, créateur en 1830 du premier grand magasin parisien, le « petit saint thomas », qui deviendra en 1852 le « Bon marché ». Leur but est déjà a cette époque d’écouler les invendus. Les premières lois encadrant les soldes datent de 1906

Elles sont réglementées par l’article D.301-15-02 du code du commerce. Sortez les calculettes et l’aspirine, voici la réglementation précise concernant leurs dates. Donc: « Les soldes d’hivers débutent le 2e mercredi du mois de janvier – sauf si celui-ci tombe après le 12, auquel cas les soldes débutent le 1er mercredi mercredi de janvier – et s’achèvent cinq semaines plus tard. Les soldes d’été, elles, démarrent le dernier mercredi de juin – sauf si celui-ci tombe après le 28, auquel cas les soldes débutent l’avant dernier mercredi de juin. »

Côté réglementation enfin, sachez que les commerçants ont l’obligation d’afficher l’ancien prix de vente à côté du prix soldé

Les soldes sont avant tout un rendez-vous important dans le monde impitoyable de la fringue : aujourd’hui, les achats en solde ou en promotion pèsent 40% du marché du prêt à porter contre 20% en 2000 et les commerçants réalisent en deux mois plus du tiers du chiffre d’affaires de l’année… Alors que promotions, soldes flottants et ventes privées se multiplient, trois Français sur quatre restent en effet fidèles au rendez-vous immuable des soldes d’hiver (ou d’été) pour s’habiller ou se chausser, selon une enquête réalisée par l’Ipsos pour le CNCC (Conseil National des Centres Commerciaux).

Sorti de cet univers, peu de commerces les pratiquent, certains – et notamment tout ceux qui appliquent des prix réglementés, comme les libraires – y étant tout simplement empêchés.

De manière générale, l’attrait des soldes tend à se réduire. Selon un sondage Toluna pour LSA, mené sur un échantillon représentatif de 1515 personnes, 72,4% des français auraient l’intention d’y participer, soit 3 points de moins qu’à l’hiver 2016.

La raison de ce désintérêt ? Notamment le développement des ventes privées et autres Black Friday. Comme l’affirmait Philippe Guilbert, président de Toluna dans un article paru dans le Monde le 10 janvier dernier, « seul un français sur cinq attend cette période avec impatience ». Alors que 40,8 % d’entre eux affirment leur intention de participer aux autres opérations promotionnelles organisées par le biais d’Internet. Et comme vous pourrez le remarquer en écoutant notre sujet enregistré dans les boutiques de Carpentras, la seule boutique affichant clairement un beau chiffre d’affaire pendant ces soldes est un concept-store également présent sur le web.

Mais le déclin des soldes vient également d’un autre phénomène de fond. L’institut français de la mode a relevé ce fait durant les derniers soldes d’été : alors que l’IFM s’attendait à un rebond de la consommation dans le textile et l’habillement après sept années de baisse consécutives, c’est une nouvelle baisse qui a eu lieu. « les choix économiques demandent beaucoup plus d’effort aux consommateurs, et notamment aux classes moyennes, qui sont contraintes de faire des arbitrages de consommation », explique le directeur de l’IFM, Gildas Minvielle.

LE PODCAST DE L’EMISSION

Pour réécouter l’émission spéciale « Les soldes, on en parle ? »

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