Il y a parfois des endroits où on ne s’attend pas à trouver quelque chose qui sorte réellement de l’ordinaire.
Prenez Mazan.

Mazan – pour ceux qui ne connaissent pas – est un gros village de 5.500 habitants au milieu du Vaucluse, entouré de cerisiers, d’oliviers et de vignes. Rien de très original au pied du Ventoux, me direz-vous…

Mais tous les week-ends, une petite balle ronde y crée une animation particulière. Parce que le samedi et le dimanche à Mazan, il y a handball chez les filles ! Une équipe première en bonne place dans son groupe de Nationale 3, et toutes les autres catégories d’âge dans les meilleurs niveaux possibles. Mais qu’est-ce qui fait donc courir les filles au hand à Mazan ?

Après ma rencontre avec Pascal Vasset, manager général du Club, j’avais en tête de rédiger un article sur ce club franchement hors du commun. Mais après presque deux heures d’échanges, après de multiples réécritures, je me suis finalement décidé à partager cette découverte comme un bon gâteau, en plusieurs parts.

Acte 1, première, clap de début…


Bonjour Pascal, comment est né ce club ?

En 1970, Aimé Navello, l’actuel maire de Mazan, est enseignant, et – déjà – fan de handball. Il voit les garçons se précipiter au foot, et réalise qu’il n’existe aucune activité sportive pour les filles. Il crée alors ce club. En partant vraiment de rien.
Avant que le COSEC ne soit construit au début des années 80, elles jouaient en extérieur. Le club est d’ailleurs resté essentiellement dédié aux filles. Si les garçons y sont présents jusqu’à 12 ans, ils sont ensuite orientés vers Carpentras s’ils veulent continuer.

45 ans après sa création, le club compte 250 licenciés, dans toutes les classes d’âge, chacune dans les meilleurs championnats possibles, et une équipe première en Nationale 3. Une vraie fierté pour tous les bénévoles du club.

Une équipe première en Nationale 3, c’est un sacré défi pour une structure comme la vôtre ?

Forcément, mais nous nous efforçons d’anticiper et de bien gérer le club, sportivement et économiquement. Les partenariats sont essentiels pour notre survie, avec Toulon St Cyr – équipe professionnelle de LFH – du côté sportif, avec le monde de l’entreprise et nos 80 partenaires pour la partie économique. L’ouverture au monde des entreprises n’est pas un simple objectif financier, il nous permet aussi de pouvoir proposer des opportunités professionnelles à nos joueuses et à de potentielles recrues qui chercheraient une reconversion.

Et du côté sportif, qu’apporte ce lien avec cette structure professionnelle ?

Avec la convention que nous avons signée avec Toulon St Cyr, c’est la possibilité qui est donnée à nos meilleures joueuses de pouvoir accéder de façon directe au haut niveau via leur centre de formation.
Morgane Pannequin, gardienne de but, qui a joué plusieurs saisons à Mazan en étant souvent sélectionnée dans les équipes nationales de jeunes, est maintenant dans le Var où elle a déjà joué des rencontres de 1ère division professionnelle. C’est à la fois une fierté et la preuve de l’excellence de la formation de notre club.

C’est donc un projet pensé dans sa globalité ?

Tout à fait. L’idée est de proposer un parcours balisé pour une jeune fille qui souhaite accéder au haut niveau. Cela passe par une formation de base dans le club, avec une vraie exigence d’excellence, puis le Pôle Espoir de Marseille où actuellement 5 de nos joueuses sont intégrées. La capacité à suivre des études en parallèle du handball est essentielle pour les amener jusqu’au bac. Ensuite, elles sont susceptibles de rejoindre le Centre de Formation de Toulon St Cyr où l’ambition ultime de quelques-unes pourra s’exprimer.

Quels sont vos objectifs pour l’équipe première ?

Toujours se maintenir au plus haut. C’est la 3ème saison que nous montons en N3. Les deux premières fois, suivies d’une descente. Cette année, l’équipe est jeune, mais avec le supplément de l’expérience de la saison 2013-2014, déjà passée à ce niveau. Aujourd’hui, nous sommes confiants sur le maintien. Et qui sait, sportivement, tout est possible, non ?

Le tout sans sacrifier les équipes de jeunes ?

Evidemment. C’est essentiel. Nous accueillons les enfants très jeunes, entre 4 et 7 ans, sous l’angle ludique plus que réellement handball, l’école de handball est là pour développer l’envie. Car avant tout, le handball est un sport et il doit procurer du plaisir, avec bien sûr la compétition qui arrive avec les paliers, mais sans plaisir, pas de réussite. La formation est la priorité, pas une fin en soi : l’idée est d’amener au fil des années un maximum de filles à progresser, à rejoindre l’équipe première de Mazan. Mais si elles peuvent aller encore plus haut, c’est juste du bonus pour le club.

Fin de l’Acte 1

Un club à suivre sur www.handballmazan.fr
et sur Facebook HandballMazan

et l’Acte 2, à lire ici : Le handball à Mazan, esprit d’ouverture et ouverture d’esprit