Le premier post sur les filles fatales du handball à Mazan vous a raconté l’aspect sportif de ce club délicatement posé au creux du versant sud du Ventoux.

Le handball est un sport, un sport neuf parce que le hand joué à 7 n’a finalement que quelques décennies d’existence. Mais aussi un sport riche de son état d’esprit basé sur l’ouverture. Et le Mazan Ventoux Comtat Handball l’applique à merveille. Aucun égocentrisme ici : juste insuffler des valeurs et aller au-delà de la compèt’.

Suite de l’interview de Pascal Vasset, manager général du Mazan Ventoux Comtat Handball
Acte 2, deuxième…

Que représente ce club au-delà de la formation et de la compétition ?

Sans hésitation, un lieu de vie. Nous possédons un noyau dur de licenciés et de dirigeants issus de nos sections de jeunes et de l’équipe première. Même si ça n’est pas forcément mesurable, les résultats des équipes de France renvoient une image positive du handball, et de plus en plus de personnes sont intéressées par ce sport. Des enfants, des ados, mais aussi beaucoup d’adultes d’horizons très divers qui peuvent avoir une attirance pour des pratiques autres que la pratique compétitive classique.

Comment répondez-vous à cette demande ?

On s’investit pour mettre en place de nouvelles pratiques : nous avons d’abord monté une section « Loisirs », ouverte à toutes celles et tous ceux qui souhaitent jouer au hand, juste par plaisir, quels que soient leurs âges, sans les contraintes de la compétition. Juste un (tout petit) peu de compétition avec des sections similaires voisines, mais surtout de bonnes parties de plaisirs partagés.

Et depuis cette saison, une section « HandFit » a vu le jour. Elle permet aux personnes qui n’ont plus d’activité physique de refaire du sport. L’idée est de se remettre en condition, cardio et renforcement musculaire notamment, de façon ludique autour d’une balle de hand.

Encore et toujours ces deux mots-clés en sous-entendus : jeu et plaisir…
Pascal, parlez-nous en détails d’une autre équipe qui est devenue l’égale des autres, celle de hand fauteuil

C’est une de nos grosses, très grosses satisfactions. Née d’une idée fédérale il y a seulement 4 ou 5 ans, le club y a répondu immédiatement en lançant sa propre équipe hand fauteuil. En France, il n’en existe encore qu’une dizaine. Nous sommes encore les seuls en PACA, mais plus pour longtemps. 🙂

L’objectif est clairement d’ôter les barrières et de partager une même activité entre valides et non-valides.

Voulez-vous dire que des valides pratiquent le hand-fauteuil ?

Oui, bien sûr. Nous avons environ 20 licenciés, dont plus de la moitié en situation de handicap. Mais sur le terrain, on ne voit plus – et on ne ressent plus – aucune différence. Le regard des licenciés et des spectateurs a changé. On change même le propre regard des non-valides sur eux-mêmes. La plus grande réussite de cette démarche est l’épanouissement des personnes en situation de handicap à travers la pratique de cette activité commune.

Quel avenir pour cette équipe ?

Elle est aussi essentielle que les autres. Pour preuve, deux personnes en situation de handicap sont entrées au Conseil d’Administration du club. Le MVCHB est un réel moteur dans le développement de ces sections dans les autres clubs. Nous allons régulièrement faire des démonstrations ou participer à des tournois partout en France. En Mars prochain, l’équipe se déplace à Tremblay-en-France, après avoir par exemple participé à une démonstration avec Jérôme Fernandez, champion du monde, à Aix-en-Provence.

Comment s’organisent ces déplacements ?

Avec l’achat des fauteuils, c’est l’une des difficultés principales de cette activité. D’une manière générale, pour un club comme le nôtre, tout déplacement demande une organisation pointue et un engagement maximum des bénévoles et des parents. Mais en plus, la nécessité du transport des joueurs et des matériels augmente la difficulté. Il nous faut trouver des moyens de transport adaptés. Des minibus équipés seraient l’idéal. On se heurte là aussi à un réel problème de coûts.

Vous parlez d’achat de fauteuils, ils sont spécifiques ?

Absolument, ce sont des fauteuils sportifs, adaptés à la pratique du handball. Cela signifie aussi pour les non-valides, deux fauteuils à transporter, celui de ville et celui utilisé pour la pratique du hand. Il nous manque encore des fauteuils sportifs. D’autant que si cette activité se développe comme nous le pensons, nos besoins vont encore augmenter. C’est l’une des raisons pour laquelle les partenariats sont si importants pour le club.

Fin de l’Acte 2
A suivre…

Un club à suivre sur www.handballmazan.fr
et sur Facebook HandballMazan

Pour relire l’Acte 1, Handball, filles fatales à Mazan