L’idée est à la fois simple et riche de subtilités : rajouter aux marchés d’appels d’offres une clause spécifique, qui oblige l’entreprise qui candidate à faire travailler, pour répondre à ce marché, un petit pourcentage de personnes en difficulté d’insertion.

Depuis 2014, la Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin a mis en œuvre cette idée simple. Elle est la seule intercommunalité du Vaucluse à l’avoir fait sur tous les types de marchés. Et elle a confié à Isabelle de Crozals, salariée du Collectif Insertion Emploi 84, le rôle de « facilitatrice ». Une mission que cette ancienne commerciale, à l’énergie apparemment inépuisable, prend à cœur. Avec des résultats conséquents, qui ont été présentés aux entreprises intéressées par la clause d’insertion, lors d’un « petit déjeuner pass’emploi » organisé à la Maison du Citoyen, mercredi 14 mars.

Isabelle de Crozals, facilitatrice de la Clause d’insertion pour la CoVe

« Pour répondre à la clause d’insertion, 3 solutions sont possibles », explique Mme De Crozals.  » L’embauche directe, en CDI, CDD ou en contrats aidés ; le recours à une structure d’insertion par l’activité économique (telle que l’Université Populaire Ventoux, ou l’Envol, à Carpentras, ndlr) ; et enfin le recours à une structure de mise à disposition de personnels en insertion, qu’il s’agisse d’une ETTI (Entreprise de travail temporaire d’insertion, telle que A2I, Bat Inserim ou Reflex Inserim ), d’une association intermédiaire, ou un GEIQ » (Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification, comme le GEIQ BTP de Vaucluse).

Les résultats, donc, sont conséquents. Depuis 2014, 27 chantiers ont été mis en place avec cette clause; 68 entreprises ayant répondu à ces marchés ont joué le jeu, et ont ainsi permis à 238 personnes éloignées de l’emploi de travailler, 55% d’entre elles bénéficiant d’une embauche directe auprès de l’entreprise.

« Mais la meilleure preuve de la réussite de cette clause« , a conclu Isabelle de Crozals, « c’est que les entreprises ont été au delà de ce que nous leur demandions, en faisant travailler les gens plus que ce que nous leur demandions par contrat« . Ainsi, 40641 heures de travail en insertion étaient prévues conventionnellement, et 53496 heures ont été réalisées, soit 132% de l’objectif. La raison de ce succès ? « Les entreprises se rendent compte elle-mêmes, en accueillant des salariés en insertion, que c’est une manière performante et sécurisante de faire œuvre de solidarité« . Car le rôle de la facilitatrice est aussi d’accompagner les entreprises, de pré-sélectionner les candidats, bref, de mettre de l’huile dans les rouages de cette mécanique. Et enfin, les SIAE ou autres AI et ETTI sont aussi à même d’accompagner l’entreprise dans la mise en place du contrat et sa bonne mise en oeuvre.

Sylvie Brès, de l’entreprise Brès Electricité, encadrée par François Ille et Francis Adolphe

Francis Adolphe, président de la CoVe, et François Ille, maire du Beaucet, tous deux également entrepreneurs ont remis des certificats à plusieurs entreprises particulièrement impliquées dans ces démarches d’insertion, telles que la société Brès Electricité, l’Université Populaire Ventoux, Benedetti, etc. « Avoir un emploi, ce n’est pas simplement une question de revenu. C’est aussi avoir une place dans la société, se construire un réseau social, un vrai, pas un virtuel« , a rappelé Francis Adolphe.