Comme tous les avocats, Sandra Bouix est polyvalente. Dans son étude, installée dans le même immeuble que le tribunal d’instance, elle traite aussi bien les divorces que les affaires pénales, les problèmes de voisinages autant que ceux des familles.

Mais cette fille d’un entrepreneur agricole bien connu affirme toutefois une vraie attirance pour le droit rural. Et c’est sans doute pourquoi elle est, depuis des années, l’avocate du Syndicat des trufficulteurs de Vaucluse. Elle fait le point, dans cette interview, sur les affaires en cours, et notamment les deux beaux succès judiciaires obtenus l’année dernière à Carpentras et à Avignon. Elle explique aussi quelles sont les techniques qui peuvent permettre aux trufficulteurs de se protéger contre les voleurs qui viennent saccager leurs plantations, car les nouvelles technologies apportent des solutions redoutablement efficaces.

Un signe d’espoir pour une profession victime de vols de plus en plus nombreux, qui deviennent totalement insupportables quand il s’agit d’un professionnel, pour lequel le manque à gagner vient mettre à mal la santé d’une exploitation agricole. On se rappelle du terrible drame survenu dans la Drôme, peu avant Noël 2010 . Un jeune trufficulteur de 32 ans excédé par des vols de truffes à répétition avait fini par tuer à coup de fusil un homme qu’il avait surpris dans sa truffière. Un acte terrible qui lui a valu 8 années de prison.

Or, comme l’explique très justement Me Bouix, aussi bien que Patrice Goavec, président du Syndicat des trufficulteurs, c’est en recourant à la Justice, et non en se faisant justice, que la question du vol de truffe pourra être mieux traitée par la justice. En effet, qualifié dans la législation de « vol simple », ce méfait a désormais évolué. La trufficulture se professionnalisant, un vol de truffe est désormais un « vol de production agricole » – un délit qui n’existe pas encore dans le code pénal français, même si Julien Aubert, député de la 5e circonscription de Vaucluse, affirme travailler avec d’autres élus sur une proposition de loi pour créer ce délit. En attendant, les solutions existent, et le travail de justice construit entre autre par Me Sandra Bouix permet de faire évoluer la question – et la prise en compte des victimes de vols de truffes.