La solidarité est un véritable casse-tête parce qu’il faut l’organiser sur une large échelle auprès de populations de plus en plus fragiles comme les jeunes. Et avec des dispositifs qui ne fonctionnent pas toujours bien. C’est le moment d’innover.

Une personne de moins de 30 ans sur quatre est en situation de pauvreté dans la région. Mais c’est dans le département du Vaucluse que le taux de pauvreté des jeunes est le plus élevé (28%). Voici, sans doute, ce que l’on peut trouver de plus choquant dans les statistiques qui parlent des données sociales.

Après tout, dans les années 70, la part des ménages vivant sous le seuil de pauvreté était de 18%, comme aujourd’hui au plan régional. Ce qui a changé, c’est la précarité. La Fondation Abbé Pierre parle de 21 000 demandes de logements HLM pour 2 700 logements sociaux proposés dans le département qui affiche un taux de vacance des logements privés dépassant les 9% dans le département contre 7% pour la région. Alors, que fait-on pour remettre les gens au travail et rendre solvable leur demande ?

Issu d’un accord unanime des partenaires sociaux, mesure « phare » du précédent quinquennat : le contrat de génération. Il visait à faciliter l’insertion des jeunes tout en permettant l’embauche ou le maintien dans l’emploi des salariés âgés (plus de 57 ans) autour d’un projet de transmission des compétences. Depuis son entrée en vigueur (mars 2013) et 40 mois après son lancement, le dispositif aura permis l’embauche de 33 000 jeunes, très loin des 500 000 initialement visés. On dénombre 2 000 contrats en région, dont 281 dans le Vaucluse… Un échec qui s’explique par le fort taux de rupture (32%) et le manque d’intérêt de ces contrats auprès du premier secteur à employer  des moins de 26 ans, l’hôtellerie-restauration.

À noter que les embauches en contrat unique d’insertion sont en plein boom (+21%), affichant 4 200 embauches (CDD de 24 mois au plus) à fin 2016 dans le Vaucluse au profit de l’insertion de personnes sans emploi rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle. C’est un mieux quand on sait que plus de 50% des bénéficiaires du RSA le sont depuis plus de trois ans.

« Dans nos quartiers et nos villages, on vit seul et sans entraide. Et ça nous manque. Notre projet, c’est de vivre dans des logements moins chers, mieux desservis où l’on a accès à des espaces mutualisés : un jardin au soleil, des chambres d’amis, une vaste salle pour se réunir et voir un film ou prendre un repas ensemble. Grâce à la ville d’Avignon associé au bailleur social Logeo, il verra le jour en 2019, à Agroparc, dans un bâtiment respectueux de l’environnement (bio climatique) de 36 logements principalement en accession sur un terrain de 6 000 m2. Nous sommes 13 foyers, soit une quinzaine de personnes de 4 à 80 ans, étroitement associés à la conception de l’habitat. Échanger des services, partager des matériels, vivre bien ensemble mais chacun chez soi. Voilà notre projet d’habitat participatif, l’un des plus avancés parmi les 400 qui existent en France.  »

Joëlle Ricol, présidente de l’association Etoilie, Habitat participatif

« Aujourd’hui la volonté de la Région est d’accompagner l’ensemble du tissu associatif local. Pour cela, nous consacrons une enveloppe de 12M€. Pour nous, l’action de ces associations, celles à vocation sociale bien sûr, mais toutes les autres comme le sport, l’éducation, la santé, le soutien aux autres… participent à cette volonté d’agir en commun. La solidarité régionale ce n’est pas de donner ou recevoir des subventions c’est surtout de faire ensemble contre la précarité, l’exclusion, l’insécurité économique, la violence sous toutes ses formes. Cette action, qui s’inscrit tant dans les zones urbaines que périurbaines, a vocation à répondre aux problématiques du monde rural qui souffre tout autant des conséquences de la crise socio-économique que nous traversons. S’ajoutent des problématiques d’enclavement et de difficultés d’accès aux services de premières nécessités. Ces espaces ont aussi le droit à l’excellence. »

Sonia Zidate, Vice-présidente du Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur (déléguée aux Solidarités au moment de l’interview)

850 000 personnes

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, plus de 850 000 personnes, soit 17,3 % de la population, vivent sous le seuil de pauvreté en 2013. La région présente le plus fort taux de pauvreté après la Corse et les Hauts-de-France. Les départements du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône sont les plus touchés. Les fortes inégalités de revenus dans la région se traduisent par une exposition très variable des communes à la pauvreté. Elle concerne plus d’une personne sur cinq à Avignon, Marseille et Nice. Le niveau de vie médian des personnes en situation de pauvreté est de 780€ dans le département.

Un article publié par notre partenaire l’ECHO DU MARDI
dans son numéro spécial VAUCLUSE EN CHIFFRES 2017.