ExileCette décennie-là avait un an, quand Sheila a vu les Rois Mages en Galilée, quand des astronautes ont joué au golf sur la lune, quand Jim Morrison est devenu l’un des mythes du Père Lachaise, ou quand la Chine a rejoint l’ONU. Et le 23 avril de cette année-là donc, l’année 71, les Stones sortaient l’un de leurs albums mythiques, le génial « Sticky Fingers ». On pourra discuter sur le bon goût de la pochette, mais le plus important se trouve sur les 2 sillons. Sillons ? Oui, pour les plus jeunes, les CD et les MP3 n’existaient pas en 1971 ! Si, si. On ne trouvait que des galettes en vinyle noir, grandes ou petites, qu’on posait délicatement, parfois en tremblant d’impatience et d’envie, sous un diamant… Et d’un seul coup le riff de Keith (Richards), la rythmique de Charlie (Watts) et les mélodies de Mick (Taylor) envahissaient la chambre. Et je ne parle même pas des lancinantes plaintes de Mister Mick (Jagger) avec sa blonde Marianne (Faithfull) sur « Sister Morphine ». Avec « Brown Sugar », « Wild Horses », « Bitch » ou « Can’t You Hear Me Knocking », c’était un programme affolant pour les parents des ados de l’époque…
« Sticky Fingers » est réédité cette année, sur CD et sur MP3, si, si. Remis sur le devant d’une scène nord-américaine où les compères se rejoignent une nième fois. Si l’énergie est toujours là à 70 ans passés, la justesse des accords et des cordes vocales se perd. Mais on dévore juste des moments d’Histoire du Rock, d’Histoire de la Musique, oui avec un grand H (sans jeu de mot…). Au même titre que Mozart ou Frank Sinatra. A chaque époque ses références.
Après « Sticky Fingers », naitra un autre bijou, « Exile on Main Street » qui reste mon préféré, probablement aussi pour l’histoire de cet été démentiel à la Villa Nellcote sur la Côte d’Azur.
Programmez votre liste de lecture, lancez « Sticky Fingers », rajoutez-y « Exile on Main Street » avec ses pépites, en lisant l’excellent livre de Robert Greenfield sur ce bel été français des Stones. Si en plus, vous avez la chance de pouvoir vous plongez entre chaque chapitre dans les photos NB de Dominique Tarlé, je vous garantis, vous oublierez vite qu’on est en 2015… Stonissime