Entre des départements, dont les compétences se réduisent comme peau de chagrin, et l’appétit grandissant des métropoles, le salut passe par l’union pour les territoires intermédiaires.

Régulièrement montré du doigt comme le niveau de collectivité territoriale « en trop » les départements se savent sur la sellette depuis plusieurs années. Face à ces menaces de suppression, l’institution a du lâcher du lest en transférant certaines compétences. Pour autant, se sachant la bonne taille comme territoire de proximité maximale, les départements entendent tenir leurs positions. Combien de temps pourront-ils le faire ?

En face, les métropoles affichent un féroce appétit. Coincé entre Marseille, Montpellier et Lyon, le Vaucluse doit-il être inexorablement condamné à devenir la banlieue phocéenne ? Si les chicaneries entre Aix-en-Provence et Marseille ont longtemps retardé l’inéluctable, tout n’est qu’une question de temps. Et encore, heureusement que la capitale des Gaules se trouve à bonne distance (quoique finalement à seulement 1h de TGV), car le dynamisme de l’aire urbaine aurait déjà transformé le Nord-Vaucluse en périphérie lyonnaise. Face à ces mastodontes, ce n’est certainement pas l’agglo du Grand Avignon qui pèsera bien lourd.

Ce n’est donc pas un hasard si les principaux bassins de vie commencent à vouloir imaginer leur avenir ensemble. Afin de ne pas devenir ce « no man’s land », ce trou noir métropolitain tant redouté, ce sont les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) qui ont initié, sous l’impulsion de celle de Vaucluse, la Confédération des CCI rhodaniennes. Depuis, ce regroupement des CCI de Vaucluse, de Nîmes et du Pays d’Arles tente de faire oublier que le Rhône n’est plus une frontière, mais un axe de développement. Les atouts ne manquent pas pour cet espace comblé de richesse naturelles, historiques, touristiques, culturels et économiques. Autant de points communs sur lesquels, les décideurs locaux veulent bâtir le développement du fameux triangle d’or « Avignon, Arles, Nîmes ».

Une démarche dans laquelle se sont aussi maintenant engouffrés les élus des agglomérations et des villescentres du Grand delta : Nîmes, Arles, Avignon, Bagnols-sur-Cèze, Carpentras, Alès, Uzès, Saint-Rémy-de-Provence… Tous conscients que le fameux triangle d’or constitue la seule issue pour jouer dans la cour des grands. Pour preuve ? C’est ensemble qu’ils espèrent figurer dans le dossier de candidature de la France à l’organisation de l’Exposition universelle de 2025. Une initiative, qui prise individuellement, n’aurait aucune chance d’aboutir. C’est avec même le sens du collectif, que le label French tech culture Provence a pu voir le jour en 2015 via son concept de « métropole diffuse » initié depuis Avignon. Ce mouvement de rassemblement autour du numérique, placé sous la présidence de Paul Hermelin, PDG du groupe international Cap Gemini, revendique la singularité de ne pas s’appuyer sur un périmètre défini par des limites administratives mais sur un bassin économique réel s’étendant entre Nîmes, Arles et Carpentras. Et ça marche ! French Tech Culture Provence regroupe aujourd’hui 9 agglomérations, 180 communes, deux régions et trois CCI autour d’un écosystème comptant 1 200 entreprises du numérique, représentant 5 200 emplois.

« French tech culture est reconnu pour avoir su associer divers partenaires tout en ayant gardé une notion de proximité » expliquait Axelle Lemaire, lorsqu’elle était encore secrétaire d’Etat chargée du numérique après avoir octroyé le label. Aujourd’hui, ce territoire semble donc ne plus se contenter de se trouver aux confins administratif des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Prendrait-il enfin conscience qu’il occupe une position charnière, à la croisée des axes Nord-Sud et Est-Ouest, avec de nombreux intérêts communs ? Trop longtemps considéré comme une frontière, le Rhône doit devenir un axe de développement. Un axe commun construit autour d’un art de vivre de qualité, d’un dynamisme maîtrisé mais surtout d’un développement à taille humaine. Une Provence « authentique » du futur qui reste tout autant à préserver qu’à bâtir.

150 communes ?

Le Vaucluse pourrait ne compter bientôt que 150 communes, contre 151 à ce jour. Pour cela, la municipalité de Pertuis a constitué un groupe de travail pour étudier un transfert vers les Bouches-du-Rhône. Déjà intégrée dans le Pays d’Aix, Pertuis estime que son bassin de vie se situe dans la métropole Aix-Marseille. Cet hypothétique transfert ouvrirait cependant la boite de pandore du redécoupage départemental, car de nombreuses villes gardoises ainsi que des Bouches-du-Rhône se trouvent dans le bassin d’Avignon.

Ventoux, oui à 57,9%

Les 39 communes concernées par le projet de création d’un Parc naturel régional du Ventoux se sont prononcées pour à 57,9% lors d’une consultation voulue par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur afin d’évaluer l’intérêt du dossier. Pour les habitants des 12 communes du coeur du massif, 66,6% des personnes sont favorables à ce Parc qui regrouperait 90 659 habitants répartis dans 8,6% d’espaces urbains, 33,7% d’espaces agricoles et 57,7% d’espaces naturels. En termes de surfaces, le pour l’emporte aussi avec 70,3% de ce territoire qui s’étendrait sur 91 593 hectares.

Un article publié par notre partenaire l’ECHO DU MARDI
dans son numéro spécial VAUCLUSE EN CHIFFRES 2017.