Rencontré cet été à Avignon, à la sortie d’un concert avec son groupe Easy Skanking, le dernier vainqueur de la Nouvelle Star s’est confié de longues minutes. A l’aube de son premier album qui doit sortir courant septembre, Xavier Matéu, 30 ans, revient sur son parcours qui l’a mené de Catalogne jusqu’aux lumières de Paris. Entretien avec un jeune homme sensible au timbre soul, prêt à chanter à chaque seconde.

Parlez-nous de votre enfance ?
Je suis un enfant qui vient un peu de loin. J’ai un grand-père guadeloupéen qui a fait la guerre du Vietnam. Il a rencontré ma grand-mère vietnamienne là-bas. Ils ont fait ma mère et mes oncles. Ma mère a ensuite épousé mon père, un espagnol catalan. J’ai grandi à Saint-Jean-Pla-de-Corts, à côté de Perpignan. J’ai appris la musique un peu par instinct de 7 à 11 ans. J’étais percussionniste et choriste dans le groupe de mon grand-frère Sebah. Je faisais quelques petites représentations et étais vu comme un enfant un peu doué pour cela.

Que s’est-il passé ensuite ?
J’ai avancé jusqu’à mes 20 ans, après quelques petits soucis d’adolescence. J’ai appris un métier dans la mécanique. Et je me suis remis à la musique. J’ai suivi des cours de djembe pendant trois ans. Il y avait un conteur de chants africains et nous, les percussionnistes, faisions les réponses. On me disait que je chantais bien. C’est lors d’un stage en Espagne que j’ai rencontré un musicien d’Avignon. Il m’a proposé d’intégrer Easy Skanking en tant que chanteur leader. J’ai appris plus de 30 morceaux classiques de reggae et soul music. Je me suis fait la main avec ça. J’avais également un trio Junior and Jamaican Jukebox dans le même registre avec lequel nous faisions les marchés des Cévennes, comme ceux d’Anduze ou de Saint-Jean du Gard. On me disait souvent qu’il fallait que je fasse quelque chose avec ma voix.

Quel a été le déclic pour vous présenter au casting de l’émission Nouvelle Star ?
Je me suis inscrit une première fois il y a trois ans à la Nouvelle Star. Ils m’avaient accepté. Ma fille est née en même temps, et j’ai décidé de continuer à travailler dans la mécanique. Et puis petit à petit, les gens m’ont donné confiance. Je me suis inscrit une seconde fois. J’ai envoyé une vidéo puis j’ai passé le casting d’Avignon avant de passer devant le grand jury à Marseille quelques mois plus tard. J’ai gravi les échelons et petit à petit, sans le rechercher, j’ai gagné. A la base, c’était davantage pour faire avancer mon groupe, me faire connaître.

« Un premier single va sortir à la rentrée »

Comment avez-vous vécu cette expérience de l’intérieur ?
J’étais loin de chez moi et de ma fille. Je pensais beaucoup à elle. Tout ce qui pouvait se passer autour de moi ne me touchait pas trop. Je prenais le micro, je chantais, je n’avais pas forcément de stress. Alors bien sûr il y a les caméras et les célébrités que tu rencontres, mais j’étais déjà assez prêt pour la scène. J’étais moins à l’aise dans les petits théâtres devant un jury. Mais une fois que j’ai eu accès au prime, c’est là que j’ai pu développer mon panel.

Quelle est votre actualité ? Un album se dessine-t-il ?
Oui j’ai signé un contrat d’artiste sous option chez Barclay. L’album prend du temps. La maison de disque veut faire attention à moi. C’est un projet qui se construit bien avec de grands artistes qui m’aident, et j’espère en tirer quelque chose de grand.

Sur les réseaux, on vous voit avec Tété, Oxmo Puccino… Pouvez-vous nous en dire davantage sur l’atmosphère musicale pressentie pour votre premier album ?
J’ai en effet rencontré Oxmo, Tété, Tunisiano de Sniper, ainsi que Kerredine, parolier de Zaz et des Fréro Delavega, mais aussi Jules Jaconelli qui compose pour Stromae. Il faut s’attendre à ce que j’ai démontré dans la Nouvelle Star. Je serai un artiste pop soul afro avec quelques connotations caribéennes. Ils sont aussi intéressés par la musique que je créé avec mon équipe d’auteurs compositeurs basée à Perpignan. Ce sera un album entre 10 et 12 titres. Un premier single, « Regarde », va sortir à la rentrée de septembre. Ce sera une chanson populaire qui parle un peu à tout le monde et à tous les âges. Le clip a été tourné en août autour de Perpignan. Cela me tenait à cœur, c’est chez moi, c’est là que j’ai grandi.

« Je me sens en forme et d’attaque »

Cet été, vous avez joué régulièrement avec votre groupe Easy Skanking sur différentes scènes et festivals du Sud-Est. Est-ce important pour vous de le préserver ?
Comme mon projet solo est en construction et qu’il y a un long temps d’attente, j’ai eu l’accord de la maison de disque pour tourner cet été avec eux. Si demain, je ne peux plus, alors je m’arrêterai. Mais c’est un groupe qui continuera car mon frère Sebah est entré comme choriste. Il apprend en parallèle le registre, ce qui lui permettra de reprendre le lead et au groupe de continuer à faire des concerts.

Comment vous sentez-vous à l’approche de la sortie de votre premier single ?
J’ai connu un coup de fatigue quand tout cela est arrivé. J’ai rencontré beaucoup de personnes du milieu, multiplié les allers-retours à Paris. Petit à petit, j’ai réussi à canaliser la chose et comprendre comment ça se passe dans ce milieu. Je me sens en forme et d’attaque. Il me tarde de pouvoir partager avec le public.

Où rêvez-vous de chanter ?
S’il y avait une scène en France, ce serait à Perpignan, avec de grands moyens. J’aimerais aussi pourquoi pas jouer en Guadeloupe et au Vietnam, mes pays d’origine. Et plus tard en Afrique, car j’ai tout appris par le djembe, notamment l’humilité.

Recueilli par Florian Dacheux

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